L’acceptation: TROUVER L'AMOUR DE SA VIE 

« A mon avis, lorsque nous nous aimons vraiment

 et que nous nous acceptons tels que nous sommes,

tout marche mieux dans la vie. »

Louise Hay

 

Si vous êtes de ces rares privilégiés qui considèrent d’ores et déjà leur corps tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, comme un véhicule parfait, vous avez assimilé cette première leçon, et il est institué de s’attarder. Mais si une petite voix, même discrète, suggère à l’intérieur de vous-même que vous gagneriez à être plus mince, plus grand, plus large d’épaules, plus fort, plus résistant, plus blond, etc. et que votre vie s’en trouverait améliorée sur un coup de baquette magique, mieux vaut s’arrêter un instant sur cette notion.

L’acceptation est une vertu qui consiste à prendre du bon côté tout ce que la vie nous présente. Notre corps, à cet égard, est notre meilleur professeur. Il nous accompagne partout. Il peut donc être un soutient précieux ou une croix à porter, la décision vous appartient. Et ce choix dépend de votre aptitude à apprendre cette première leçon.

L’apparence physique est, pour beaucoup de gens, la cible des jugements les plus sévères, et l’aune à laquelle ils mesurent leur valeur. Ils se fixent des objectifs impossibles à atteindre et se tiennent grief de ne pas parvenir à la perfection. Dans la mesure où notre  enveloppe charnelle est la forme sous laquelle nous apparaissons aux autres, nous nous définissons à travers elle et, la plupart du temps, c’est ainsi que les autres nous définissent. Or, la façon dont vous considérez votre corps est étroitement liée à la façon dont vous aurez su assimiler la leçon de l’acceptation.

Imposer à votre corps des jugements sévères limite les occasions d’occuper son temps de façon intéressante. Combien de fois une journée de détente sur la plage s’est-elle trouvée gâchée par votre peur de paraître ridicule en maillot de bain ? Imaginez  combien il aurait été agréable de fouler le sable chaud sans penser que tous les regards convergeaient sur vous. Rappelez-vous toutes les activités que vous avez retardées en attendant d’être plus jolie, plus élégante, et pourquoi pas parfait ? J’ai une amie qui rêve de faire de la plongée sous-marine, mais  qui refuse de tenter l’expérience, sous prétexte qu’elle ne veut pas montrer ses rondeurs sous une combinaison ajustée. S’accepter comme elle est lui permettrait, comme à vous, de prendre sa part de toutes les joies de l’existence, sans réserve, est sans délai.

Comme beaucoup de femmes de sa connaissance, j’ai longtemps pensé que mes cuisses étaient affreuses. Je ne m’acharnais pas seulement à les vouloir plus minces, j’étais engagée dans une véritable guerre à leur égard. Je portais les shorts les plus longs que je pouvais trouver, même pendant les jours les plus chauds de l’été, de peur de les montrer. J’étais persuadée que ma vie serait transformée si seulement elles voulaient bien être moins flasques et plus fuselées. Je voulais qu’elles entrent dans les plans que je formais pour elles. Mais je ne faisais pas autre chose que de les brimer, si bien qu’elles réagissent en conséquence et refusaient obstinément de me transformer comme par magie en Vénus callipyge. Inutile d’ajouter que mes cuisses et moi ignorions totalement la coexistence pacifique.

Je finis par décider de mettre un terme à la guerre froide et de leur jurer un amour éternel. Ce qui était plus facile à dire qu’à faire. Il est très simple de choyer les parties de son corps que ’on considère comme séduisantes, mais plus difficile de renoncer à en vouloir à celles qui les sont moins. Je pris le parti de consacrer quelques minutes par jour à amadouer l’ennemi. Chaque matin, je me massais les cuisses avec une lotion parfumée, en me concentrant sur la notion

d’acceptation, d’abord avec réticence, puis de plus en plus volontiers. Pendant plusieurs semaines, je me suis sentie parfaitement ridicule, mais je persistai. Je n’étais véritablement enchantée de les apercevoir dans la glace en entrant dans la salle de bains mais, du moins, je cessai de les couvrir d’une serviette dans la minute pour les dérober à ma vue.

Le temps passait, et je commençai à me dire qu’après tout, elles avaient le mérite d’être solides et fiables. Je leur étais reconnaissante de me soutenir, et de m’aider avec tant d’ardeur à couvrir mes 5 km de jogging quotidien. A ma plus grande satisfaction, le stratagème commença à faire son effet, et elles me semblèrent un peu plus fermes. Non pas qu’elles aient changé dans l’espoir que les accepte. Au contraire, c’est parce que je les ai acceptées telles qu’elles étaient qu’elles ont commencé à échanger.

Il est bien connu que l’esprit et le corps sont indissociables, c’est pourquoi le faite d’accepter son corps n’est pas seulement la condition d’un bon équilibre émotionnel. C’est aussi le meilleur moyen d’assurer sa bonne santé physique. Ne pas accepter son corps peut conduire à la maladie, alors que le contraire permet de guérir. Les médecins eux-mêmes s’accordent à reconnaitre que l’acceptation  de soi est la clé d’une bonne santé physique et mentale.

Vous saurez que vous allez dans la bonne direction lorsque vous aurez appris à accepter votre corps tel qu’il est aujourd’hui. S’accepter complètement, sans arrière-pensée, suppose que l’on cesse de croire qu’il faut absolument change quelque chose pour être digne de l’amour de quelqu’un –à commencer par l’amour de soi-même.

Est-ce que cela signifie qu’il faut renoncer à améliorer son corps ? Ou qu’il faut se résigner à accepter tel que ce qu’on a reçu ?  Bien sûr que non. Il est à fait naturel et humain de vouloir être au mieux de sa forme. Mais il faut absolument cesser de critiquer ou de juger systématiquement son corps, de lui chercher des défauts à tout prix, même quand tout va pour le mieux. Il est important, lorsqu’on veut modifier quelque chose, du faire pour se sentir bien, et non pour corriger une imperfection. Lorsque vous avez envie de changer de coiffure ou de muscler vos biceps, demandez-vous si vous espérez que ce changement (une nouvelle couleur de cheveux, une nouvelle robe, une crème antirides, la liste est longue) vous rendra plus heureux, ou plus heureuse. Si la réponse est oui –soyez sincère avec vous-même – il vaudrait mieux passer un peu de temps à réfléchir intérieurement à la meilleur façon  de s’accepter plutôt que de dépenser du temps et de l’argent à poursuivre en vain une solution extérieure.    

Je dis souvent à mon auditoire : « Aimez toutes les parties de votre corps et, si vous ne les aimez pas, changez-les. Mais si vous ne pouvez pas les changer, acceptez-les telles qu’elles sont. » Avec l’âge et le temps qui passe, vous serez confrontés à des phénomènes contre lesquels vous ne pourrez rien. Au pire, vous risquez d’être accablé d’un handicap, d’une maladie invalidante ou de souffrances physiques qui rendront votre corps encore plus difficile à accepter. Mais il faut s’y atteler, même si la tâche paraît impossible. Les jeux olympiques spéciaux sont la preuve que la volonté transcende les handicapes les plus lourds.

Par quoi commencer ? Par un état des lieux, en sachant que le seul verrou qui bloque la porte de la prison se trouve dans votre tête. Vous pouvez parfaitement continuer à combattre la réalité de votre corps et à gémir amèrement sur vous-même. Ou alors, vous pouvez trouver le déclic et vous accepter tel que vous êtes. Ce qui ne changera rien aux faits. Acceptation ou rejet n’ont de poids que dans votre esprit. Vous n’avez aucun moyen de savoir objectivement à quoi ressemble votre corps. Alors, pourquoi ne pas opter pour confort moral de l’acceptation plutôt que pour la souffrance du rejet ? La décision vous appartient.

 

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